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Barcelona

 

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09

05

2008

Merci!

Chers babeliens catalans,

Avant tout, je voudrais remercier tous les gens, les collectivités et les institutions pour le soutien que vous nous avez donné pendant ces derniers mois. Pour notre part, on va continuer notre recherche de fonds pour relancer la version catalane de cafebabel.com. Pendant ce temps, on va maintenir actif le blog de Barcelone, d’où on essaiera de faire connaître la réalité catalane partout l’Europe et on fera connaître la Catalogne aux européens qui vivent ici entre nous.

Si vous voulez collaborer avec nous, participer dans les actions de rédaction locale de Barcelone ou tout simplement, nous donner un coup de main, vous pouvez nous écrire à Barcelona@Cafebabel.com

Merci beaucoup à tous.

Traduction de Núria Baró

Divers-cité

photo_Europe.jpg




















Bon ben, le jour de l’Europe…faut marquer le coup, comme on dit… Un peu moins que l’année dernière. «Cinquante ans ça ne se fête pas tous les jours », comme dit la France, toujours lucide et raisonnable. 51 non plus, mais ça, c’est une autre histoire…

51 donc. Bon anniversaire à tout le monde car, comme on dit aussi, l’Europe c’est chacun de nous. Après, ça se complique parce que c’est un peu usant de rappeler chaque année l’histoire de l’Europe, les bienfaits de l’Europe, les défauts de l’Europe, les espoirs de l’Europe…Comme pour tous les anniversaires, quoi. Ceux qui aiment moyennement ça comprendront. En plus c’est férié un peu partout en Europe, un peu quand chacun veut (le 5 en Angleterre, le 8 en France, le 12 en Espagne, France et… Angleterre ?), donc l’ambiance n’est pas trop au travail.

C’est pour ça que j’ai finalement décidé de faire un petit article écolo-recycleur-appropriationiste-postmoderne. C'est-à-dire (ré-)utiliser ce que les autres ont déjà dit sur l’Europe. Ce n’est pas ce que fait l’art contemporain ? Alors pourquoi pas le journalisme contemporain ? Essayons. Et, en hommage à mon titre, commençons par « La France se nomme diversité » dit Fernand Braudel (une figure intellectuelle européenne) dans son livre L’identité de la France. Affirmation intéressante, surtout de nos jours, mais qu’il faudrait en fait appliquer à l’Europe. Remarquez aussi l’ironie de sa définition quand il cherche l’identité de la France. L’identité…c’est la diversité, et vice-versa. Bon on commence bien : mine de rien, c’est un des défis de l’Europe.

Allégeons, allégeons…c’est tout de même un anniversaire que l’on fête. Voilà donc quelques citations (« Les pilotis de l’écrivain fantôme » comme dit Erik Orsenna) amusantes sur différents pays européens. Ça vaut ce que ça vaut mais, je vous l’ai dit, on fait du remake aujourd’hui.

Allemagne : « L’Allemagne est un pays que je n’aimerais pas avoir pour voisin » (Konrad Adenauer)

Angleterre : « Il n’est pas interdit de penser que, si l’Angleterre n’a pas été envahie depuis 1066, c’est que les étrangers redoutent d’avoir à y passer un dimanche » (Pierre Daninos)

« Un anglais, même s’il est seul, forme une queue bien alignée d’une seule personne » (George Mikes)

France : « La France est un pays où il est plus important d’avoir une opinion sur Homère que d’avoir lu Homère » (Stendhal)

« Si les autres parties du monde ont des singes, l’Europe a des Français. Cela compense » (Arthur Schopenhauer)

Espagne : « Que ce soit la révolution ou la paella, rien de ce qui est espagnol n’est simple » (Michel Audiard)

Pologne : « Quand à l’action, elle se passe en Pologne, c’est-à-dire nulle part » (Alfred Jarry)

Grèce : « C’est beaucoup de rois et de chèvres éparpillés sur du marbre » (Giraudoux)

Suisse : « Les Suisses ont su construire un très beau pays autour de leurs hôtels » (George Mikes)

Voilà mon petit cadeau pour tous. J’ai fait une (tout petite) séléction. Je n’ai pas pu inclure tous les pays, mais ne vous inquiétez pas l’année prochaine je récidive avec les autres !

C’est donc la diversité qui définit chaque pays et donc l’Europe (je sais, j’ai l’air d’un homme politique ou d’un manuel scolaire…) et c’est elle qu’il faut tenter de préserver. Evidement ça serait bien que l’Union avance dans l’homogénéisation des diplômes, des impôts, des sanctions, des pouvoirs supranationaux, des infrastructures…mais on est moins pressé en ce qui concerne les contraventions, les droits télévisuels ou les prix. Profitons, tant qu’on peut encore, de cette vision (humoristique) de la diversité, qui permet de ne pas payer ses contraventions avec une voiture immatriculée dans un autre pays, de voir le foot gratuitement à travers une chaîne étrangère ou de pays les choses deux fois moins cher dans le pays voisin. En principe ça ne durera pas, l’Europe va inévitablement, lentement mais inévitablement, finir par être réellement un seul espace. Je suis optimiste, me dira-t-on : oui, mais « L’heure est à l’optimisme. Gardons le pessimisme pour des jours meilleurs » (celle-ci est anonyme).

Concluons, concluons…car ce n’est pas une félicitation que je fais c’est une dissertation ! Pour finir avec le sourire et souhaiter un joyeux anniversaire à l’Europe, une dernière devinette sur sa « divers-cité » :

« Qui est lent comme le Suisse, borné comme le Belge, sournois comme le Hollandais, lourd comme l’Allemand, insignifiant comme le Luxembourgeois, dédaigneux comme l’Anglais, bidon comme l’Italien et exaspérant comme le Français ? L’Européen, l’homme de demain » (Georges Wolinski)

Article d'Aurélien Le Genissel, journaliste francoespagnol basé à Barcelone.

De Barcelone à la Barcellonnetta?

"Fontana di Canaletas" C’est déjà un fait. La communauté italienne est devenue le deuxième collectif d’étrangers résidents à la ville de Barcelone, après la communauté équatorienne, selon l’Enquête "La population étrangère à Barcelone" preparée par le Centre de Statistique de la Mairie de Barcelone. Plus de 20.000 italiens habitent dans la ville catalane. Simplement pendant la dernière année, plus de 3.000 italiens se sont installés à Barcelone. En fait, dans des quartiers comme Sarrià, Sant Gervasi, Gràcia ou l’Eixample, les italiens sont déjà la plus nombreuse communauté étrangère.

La raison de tout cela, il faut la chercher dans deux facteurs clairement différents. D’ une part, beaucoup de jeunes italiens cherchent dans la capital catalane une offre de travail qu’ils ne trouvent pas dans leur propre pays. D’autre part, un grand nombre d’argentins et brésiliens ont profité de cette facilité qui existe pour obtenir la nationalité italienne et pouvoir jouir des avantages de cette condition de citoyenneté communautaire, à un moment où les autorités espagnols réduisent l'entrée aux citoyens de pays latino-américains.

Le rapport dévoile d’autres données d’intérêt. La population communautaire résidant à Barcelone compte déjà plus de 70.000 personnes. Indépendamment des italiens, des citoyens d'autres pays comme la France, l'Allemagne, la Roumanie ou le Royaume-Uni se sont aussi installés dans la capitale catalane.

Traduction d’Alexia Vidal

Photographie de Kikm (flickr.com)

08

05

2008

Barcelone, Göteborg, Berlin

destrucci__de_la_mem_ria.jpgLonely Karen Drifter est une chanteuse de folk alternatif. Elle fait de la musique pure et belle, avec seulement une guitare et une belle voix et, surtout, beaucoup de sentiment. L’autre jour j’écoutais un entretien qu’on lui a fait à la radio. Dans ce entretien, ce qui a attiré mon attention plus que la musique (bien qu’elle soit très jolie !), a été ce qui suit : la chanteuse expliquait comment sa vie a influé sa musique. Spécialement les villes où elle a vécu : Göteborg et Barcelone. « Suède et Catalogne ? », vous allez vous demander. Deux pays si contraires peuvent intéresser la même personne ? Mais oui ! Je le dis si expressivement parce que moi, j’ai vécu aussi dans les deux pays. De manière volontaire, évidemment. Suède et Catalogne sont deux pays très différents, mais justement pour cela ils sont si complémentaires. Tranquillité, organisation et beaucoup d’espace au pays nordique, mouvement, chaos et rues étroites pleines de gens dans une des régions les plus nordiques d’Espagne ou l’une des plus méridionales d’Europe si l’on le voit depuis une perspective continentale.

La vie n’est pas choisir une option ou une autre (cela serait très ennuyeux) mais, surtout, vivre tout : passer des moments tranquilles et pleins d’action, des moments seul et en groupe, des moments structurés et d’autres de chaos. Ne serait-il pas parfait de passer un demi an (à cause du temps, bien sûr, l’autre différence importante !) à Barcelone (l’hiver) et l’autre demi (pendant l’été) en Suède ? Ça oui, à cause de l’argent, ce n’est pas si facile de le faire…

Cependant, j’ai décidé de vivre à Berlin. Un lieu parfait : au centre de l'Europe, entre le Nord et le Sud, avec des endroits tranquilles et pleins de vie, organisation et chaos… Une ville autant diverse que la vie. Depuis mon appartement, même si j’ai les fenêtres ouvertes, je n’entends aucune voiture. Désormais, à cinq minutes de chez moi, on peut trouver nombreux bars, cafeterias, de la vie dans la rue, etc… La vie quotidienne est bien organisée, avec un réseau de transport public très long et sérieux qui peut te mener à explorer le chaos de la ville quand tu le veux. L’extraordinaire dynamisme urbain, les quartiers industriels caduques depuis la tombée du mur de Berlin, bars nommés clubs « privés » parce qu’ils vendent des boissons au prix que tu décides… De temps en temps, ce réseau de transport public, si bien organisé, produit lui-même un peu de chaos, —comme à présent, quand depuis hier, les conducteurs d’autobus sont en grève (bien, ce genre de chaos ne fait toujours plaisir. Et encore moins quand l’on est en train de voyager et l’on a besoin d’un autobus pour atteindre la station avec la valise…)-.

Voyons quand Lonely Karen Drifter verra découvrir cet endroit (presque) parfait.

Cet article d’Henriette Ritz fait partie de la série de portraits eurobarcelonais. Traduction de Mireia Bel Photograph de Gerard Girbes (flickr.com)

30

04

2008

Histoire du dragon floral

roses.jpg Il y a environ une semaine de cela, le 23 avril précisément, a eu lieu un évènement majeur dans les rues de Barcelone. C’était en effet le jour de la Sant Jordi, saint-patron de Barcelone (en français, Saint-Georges, mais vous avouerez que ça fait moins couleur locale). La légende dit qu’un jour Saint Jordi a tué un dragon pour sauver sa princesse bien aimée, et du sang de ce dragon a poussé un rosier. C’est pourquoi en ce jour si particulier, qui fait un peu penser à une deuxième Saint-Valentin avancée dans le temps, les hommes offrent à leurs femmes, mères, amies ou même simples connaissances féminines, une rose. En retour, les femmes peuvent offrir un livre à la gente masculine: car le 23 février, c’est aussi l’anniversaire de la mort de Miguel de Cervantes, fameux auteur de Don Quichotte, et de ce fait grande figure de la littérature espagnole. Concrètement, le jour de la Sant Jordi à Barcelone se traduit par des centaines de stands de fleurs et de livres (neufs ou d’occasion) dans tous les coins des rues, et notamment sur les populaires Ramblas du centre-ville qui, à en croire les images “en direct” à la télévision, n’ont désempli qu’à une heure très tardive de la soirée. C’est dire l’importance de ce jour pour les barcelonais et les catalans, qui ont en même temps pu profiter d’une foire/festival aux livres dans la ville, en plus des mini stands de rue. Saint-Valentin, légendes féériques, foires aux livres, et commerces de rue temporaires, la Sant-Jordi c’est tout ça à la fois!

Article de Lucille Wehrlé Fotografia de Stoned59 (Flickr)

29

04

2008

Zapatero 2.0 (et 2)

ZP i Hollande
Après la victoire inattendue dans le cadre des élections internes au Secrétariat Général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) en 2000, José Luis Rodríguez Zapatero a pris les rênes d’un parti en pleine régression. __Ce moment là, personne ne voyait rien extraordinaire d'une figure politique encore à construire. Zapatero était encore moins connu dans les pays étrangers.

8 ans après, Zapatero non seulement a confirmé son autorité à l’intérieur du parti mais encore il a gagné deux fois de suite les élections espagnoles. Actuellement, il est à la fois la grande référence du socialisme espagnol et l’européen. Il faut seulement observer l’état du parti socialiste dans des pays comme la France, avec le PSF en pleine phase dépressive postsegolène, l’Italie, où le Yes we can de Veltroni, est devenu Berlusconi cans again, l’Allemagne, où le Linkspartei grappille dixième par dixième des points d’intention de vote au SPD, ou le Royaume Unit, où Gordon Brown ne réussit pas à renouveler le libéralisme social de Blair.

En face à l’évidence de sa perte d’influence, le socialisme démocratique européen doit renouveler d’urgence son discours. Mais vers quelle direction ? Vers le libéralisme social efficace de la Troisième Voie ou vers une accentuation d’une social-démocratie qui donne une réponse social et égalitaire au capitaliste global ?

Beaucoup de partis socialistes européens voient dans le succès de Zapatero un exemple à suivre. Cependant, les conseils de modernisation de la société et le développement des libertés des gens (égalité de genre, mariage homosexuel) que propose le gouvernement socialiste espagnol ne peuvent pas se considérer comme un modèle tout à fait applicable dans sociétés comme la française ou l’allemande, celles-ci beaucoup plus préoccupes pour les fonctionnement de l’État-providence que la société espagnole.

Traduction: Nuria Hernandez Crédits de la photo: Guillaume Paumier

24

04

2008

La Violeta

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violeta.bmpDeux portes battantes s’ouvrent avec légèreté sur “ La Violeta ”, un bar spacieux fréquenté par les habitants du quartier. Une teinte sale s’étale du sol au plafond, recouvrant sur son passage les tables en plastique et les fines colonnes à chapiteaux qui rythment l’espace. Seuls l’extincteur et la publicité “ Estrella” égayent de notes rouges cette vaste salle tristement éclairée de néons.

Depuis deux semaines, j’assiste à la représentation quotidienne d’un spectacle bien rodé. Jour après jour, les habitués reviennent avec la précision d’une horloge suisse occuper leur rôle dans cette scène banale.

Marchant d’un pas décidé, le motard bleu marine ouvre le ballet à six heures moins le quart. Droit devant, il se dirige vers son tabouret au bout du comptoir. Sans qu’il ai besoin de commander, une petite bouteille brune se trouve sous son nez. Un homme qui lisait le journal à l’autre bout du zinc et semblait attendre le signal du départ se retire en silence.

La Violeta prend vie. A six heures et demie, la fine équipe des postiers vient occuper la table ronde. Un torchon à la main, le patron jovial prend part à la discussion animée. Le bar s’emplit peu à peu de jeunes chevelus qui jettent négligemment leur veste et roulent leur cigarette d’un air détaché.

L’écrivain ventripotent prend quant à lui quelques libertés. Il n’est ni fonctionnaire, ni ouvrier et peut faire son entrée à toute heure. Posant ses livres lourds, il émerge d’un nuage de fumée pour commander un café noir. Puis, pendant des heures, caressant sa barbe d’une main molle, il s’écoute parler.

Il y a aussi dans ce décors tout un tas de dos, de silhouettes dont je ne verrais jamais le visage car j’ai moi aussi ma place attitrée. De temps en temps, le patron jette un œil à mes dessins. Je croise sa femme au marché.

Et quand je rentre à la Violeta je sais qu’avant six heures le motard bleu marine franchira le seuil d’un pas décidé.

Texte de Géraldine Garçon, artiste française basée à Barcelone.

19

04

2008

Rendez-vous avec le cinéma oriental

bafff.jpgDu 25 avril au 4 mai les amoureux du cinéma oriental ont un rendez-vous incontournable à Barcelone. Concrètement, commence la dixième édition du Festival de cinéma asiatique, un concours qui avec le temps s'est consolidé comme l'une des offertes les plus importantes du début du printemps culturel de Barcelone.

Assembly_21.jpgAssembly, une œuvre épique sur la guerre civile chinoise dirigée par le directeur Feng Xiaogang, ouvrira une édition spéciale d’anniversaire d'un festival qui a aidé à introduire la dernière génération de directeurs asiatiques en Espagne: Jia Zangke, Kim Ki Duk, Apichatpong Weerasethakul, Wang Xiaoshuai, parmi beaucoup d'autres.

La filmographie produite à la ville de Hong Kong porte d'entrée au cinéma asiatique pour les occidentaux pendant plusieurs ans, sera la protagoniste d'une édition dans laquelle l'on va présenter, plus de 70 films, court-métrages et films d'animation dans 6 espaces différents.

Zapatero 2.0 (1)

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José Luís Rodríguez Zapatero commence sa deuxième législature à la tète du gouvernement espagnol après avoir parvenu à être investi président du gouvernement en moyennant une fragile mais paradoxalement solide majorité simple au Congrès des députés.

Et c’est vrai que malgré ne pas avoir la confiance de la plupart des députés espagnols, plusieurs éléments donnent une marge de manœuvre à ZP (le surnom par lequel l’on le connaît en Espagne).

En premier lieu, le Parti Populaire espagnol est en train de faire des réformes internes. La perspective d’être 4 ans de plus dans l’opposition, a ouvert la boîte de Pandore au parti conservateur espagnol et son chef, Mariano Rajoy, commence à être contesté par quelques-uns des intégrants de son propre parti. La première pierre kaïnite l’a jetée récemment la Présidente de la Communauté Autonome de Madrid, Esperanza Aguirre.

En deuxième lieu, dans la gestion du jour en jour le gouvernement socialiste peut compter sur le soutien alternatif d’un large éventail de forces politiques minoritaires. Bien que les moyens de communication parlent de deux associés prioritaires qui procèdent des régions : le Parti nationaliste basque et Convergence et Union, le PSOE peut atteindre des accords ponctuels relatifs à des thèmes sociaux avec les forces minoritaires de gauche comme il l’avait déjà fait à la fin de la première législature. Même, dans certaines thématiques comme le terrorisme ou le financement des communautés autonomes le Parti Populaire espagnol se montre maintenant disposé au débat.

Ce qui est sûr c'est que quelles qu’en soient les combinaisons choisies par le PSOE, les 4 prochains ans vont être un authentique défi pour Zapatero. Avec l’économie en plein ralentissement (le FMI prévoit une croissance espagnole au dessous de 2% du PIB), avec l’inflation hors de prix (4%), avec le secteur de la construction (l’un des piliers de la croissance des derniers ans) en chute libre, avec le fantôme de la destruction du travail au coin de la rue (la patronale espagnole prévoit la destruction de 600.000 postes de travail l’an 2008), avec le processus de paix au Pays Basque enterré sous la terre, avec l’épée de Damoclès de la Cour Constitutionnelle de l’Espagne sur le polémique Statut d’Autonomie de Catalogne, etc.… tout indique que Zapatero aura beaucoup de travail à faire. Y réussira-t-il ?

Traduction de Mireia Bel

Crédits de la photo: © Guillaume Paumier / Wikimedia Commons

18

04

2008

Les «amis» de Sarkozy

sarko.jpg























Si l’on se demande « De quoi Sarkozy est-il le nom? », comme le fait le polémiste marxiste Alain Badiou dans son dernier essai, peut-être faudrait-il dire que c’est le Tom Cruise de la classe politique. La comparaison n’est pas si saugrenue si l’on se rappelle que le président français est ami de l’acteur américain, qu’il avait déjà rencontré à Paris en 2004 lorsqu’il était Ministre de l'Economie de Jacques Chirac.

Il semble bien que quelque chose lui soit resté de leurs conversations intimes car, comme le personnage de Mission Impossible, Sarkozy a jalonné son mandat d’interventions spectaculaires dignes du plus grand sauveur hollywoodien. La plus médiatique et critiquée a connu, il y a quelques semaines, son dernier épisode avec l’annonce du « président » du Tchad, Idriss Déby, qu’il accordait la grâce présidentielle aux six membres de l’association L’Arche de Zoé condamnés à huit ans de prison le 26 décembre dernier.

Le 25 octobre 2007, les membres de cette association furent arrêtés à Abéché (Tchad) et accusés de la tentative d’enlèvement de 103 enfants provenant de la région du Darfour qu’ils essayaient d’emmener vers la France. Au moment des faits, ils étaient sur le point d’embarquer à bord d’un Boeing dont l’équipage espagnol se vit aussi impliqué dans le procès judiciaire. L’intervention bizarrement providentielle de Sarkozy, qui décida d’aller les chercher dans un avion privé, fut l’un de ses gestes les plus surprenant, mais c’était loin d’être le premier.

Après avoir arrangé la question de l’équipage, il semble que le président français ait finalement réussit aussi à négocier le sort des six accusés français de L’Arche de Zoé, qui purgeaient déjà leur peine en France grâce à un accord de coopération entre les deux pays. L’appui militaire que le président français a fourni au gouvernement du pays africain le 2 et 3 février derniers, et qui a permis au dictateur Idriss Déby de rester au pouvoir, n’y est sûrement pas pour rien. Les relations confuses et ambiguës que maintient Sarkozy avec des chefs d’états peu recommandables ont fait naître de nombreuses critiques et fait couler beaucoup d’encre.

Rappelons que ses « liaisons dangereuses » commencèrent déjà quand il négocia la libération des infirmières bulgares avec le tyran Colonel Kadhafi, dictateur de Libye. Grâce à l’intervention de sa femme de l’époque, Cécilia Sarkozy, les infirmières furent libérées le 24 juillet 2007, après huit ans de négociations, tensions et autres embargos entre la Libye et l’U.E. Ce fut une décision surprenante qui se concréta en quelques heures et que beaucoup attribuèrent à la personnalité de Cécilia. Mais, quoi qu’il en soit, cette première bombe médiatique montra le danger qui existe à négocier avec des dictateurs et des terroristes car, quelques jours plus tard, Saïf Al-Islam Kadhafi, fils du dirigeant libyen, affirmait dans une interview publiée dans Le Monde que la libération s’était faite en échange de plusieurs millions de dollars et, surtout, de l’achat par la Libye d’armes et d’installations nucléaires à usage civil. Le scandale était servi et il s’amplifia quand le Colonel s’installa en visite officielle fin décembre dans les jardins de l’Elysée et que le thème des droits de l’Homme ne fut jamais abordé entre les deux chefs d’états malgré la pression populaire.

Nous trouvons un autre exemple de son goût pour la « diplomatie-spectacle » dans ses déclarations récentes qui laissaient ouverte la possibilité pour la France de boycotter les Jeux Olympiques de Pékin. Cette posture, essentiellement médiatique, semble pour le moins surprenante si l’on se rappelle que Sarkozy visita récemment la Chine (fin novembre 2007) et ne mentionna à aucun moment le problème des Droits de l’Homme dans le pays asiatique, malgré les demandes des partis de l’opposition en France. Non content de ce lapsus, il « oublia » aussi d’emmener avec lui Rama Yade, secrétaire d’Etat…aux Droits de l’Homme. C’est qu’il ne faut pas oublier que l’objectif du voyage était la signature de contrats commerciaux s’élevant à 20 millions d’euros. Comme l’a affirmé Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, sur les possibilités d’un boycott et des représailles économiques qui s’ensuivraient de la part du géant asiatique : « il est évident que ce fait complique les choses ». Une jolie manière de contredire son chef.

N’oublions pas le dernier « ami » (last but not least) problématique de Sarkozy, Hugo Chavez, auquel il accorda il y a quelques mois le statut d’intermédiaire dans les négociations entre les FARC et les gouvernements français et colombiens pour la libération d’Ingrid Bétancourt. L’idylle dura peu car, cette fois, le président colombien, Alvaro Uribe, écarta Chavez de l’œil des caméras en lui enlevant toute capacité de négociation. Mais la chose ne se résume pas à cela et ces dernières semaines on assiste à des mouvements qui indiquent que si Ingrid Bétancourt était finalement libérée (à cause, en partie, de son grave état de santé) une mission française serait prête à aller la chercher jusque dans la jungle. Tout à fait dans le « style Sarkozy » Idriss Déby, Kadhafi ou Hugo Chavez: des “amis” du président français qui lui permettent des actions spectaculaires et très médiatiques. Le prix à payer ? Traiter d’égal à égal avec des dictateurs et des terroristes. Il ne serait pas surprenant que, dans quelques temps, le Tom Cruise de la politique paye vraiment le prix de ses mauvaises fréquentations.

Article de Aurélien Le Genissel.

10

04

2008

École d’été de Moyens de communication et nationalisme à Vic

SSchool_logo.gif Dans un cadre européen qui légitime et renforce l’État comme le seul acteur politique avec capacité de participation dans l’Union Européenne, les régions avec des revendications nationaliste veulent éclairer leur futur politique à partir de la satisfaction de leurs aspirations (indépendantiste ou majeur incrément autonomique) et la pleine intégration dans la structure suprastatale.

Souvent, le développement autonomique et des compétences se voit secoué par l’irruption de la violence se mêlant inévitablement des questions anthropologiques, politiques, sociologiques et communicatives. Par conséquent, l’on peut déduire que l’étude de ces éléments résulte essentiel dans le traitement et la possible résolution de conflits ethnonationaux, à violence directe ou sans elle.

Si l’on prend quatre cas paradigmatiques : l’Irlande du Nord, l’Écosse, le Pays Basque et la Catalogne, l’École d’été des moyens de communication et du nationalisme prétend créer un fonds expérientiel et méthodologique à partager et débattre. Le projet commencera à Vic (Barcelone) en 2008 avec la perspective de le continuer à Leioa (Pays Basque) et de le faire extensif aux éditions consécutives, toujours ayant comme objectif d’étude les moyens de communication et les conflits nationalitaires.

C’est pour cela que des universités sensibilisées à ces thématiques et situées dans ces régions : Queen’s University of Belfast (Irlande du Nord), Stirling (Écosse), l’Université du Pays Basque (Bilbao, Pays Basque) et celle de Vic (Barcelone, Catalogne), se sont unis afin de collaborer dans la Summer School of Media and Nationalism que, dans la deuxième semaine de juillet 2008, propose un premier rapprochement à leurs réalités, leurs parallélismes et leurs différences, depuis un point de vue multidisciplinaire et une optique académique.

Pour avoir plus d’information cliquer ici

Traduction de Mireia Bel

De nouveau la terreur dans le Théâtre Dubrovka?

la_fura.jpg Il y a un an, les passants de la rue de la Justicia à Rubí (commune de la Région Métropolitaine de Barcelone) commençaient à s’alarmer chaque fois qu’ils passaient en face du Théâtre municipal. La raison : depuis l’extérieur ils voyaient des hommes armés jusqu’aux dents et couverts de cagoules se promener dans le théâtre. Ce qu’ils ignoraient, jusqu’à ce qu’ils appellent la police, c’est que cela fait partie des préparatifs du nouveau spectacle de La Fura dels Baus, une des troupes les plus innovatrices et polémiques du théâtre de niveau européen.

La Fura a choisi la tragédie du Théâtre Dubrovka à Moscou comme leitmotive pour adapter le thème de Boris Godunov, une pièce du poète et romancier russe Alexander Pushkin, à la réalité du début du XXIè siècle.

Tout au long de la pièce, les créateurs de la Fura dels Baus font part au public de l’horreur dont les spectateurs du théâtre russe ont souffert: l’apparition des terroristes, l’installation des bombes dans le plateau, la tension de l’enlèvement, les disputes entre les terroristes. En plus, il y a des scènes qui rappellent le comité de crise des autorités et les négociations tendues avec les terroristes. Effectivement, les créateurs eux-mêmes soulignent que leur intention va plus loin que de seulement remémorer ce qui est arrivé en Russie et que leur volonté est de montrer aux spectateurs l'horreur de n'importe quelle enlèvement ou situation violente.

La pièce qui a été projetée par la première fois au début avril à Segura de Molina, sera présentée au Teatre Nacional de Catalunya le 17 avril. Ultérieurement, le Fura fera un tour international qui amènera le Boris Godunov du XXIe siècle en Allemagne, en Italie et aux Pays-Bas.

Traduction de Núria Hernández

Fotografia de DMWyllie (Flickr)

04

04

2008

L’escalier à écailles

escalier.bmp Un bel immeuble en angle se dresse au cœur de Gracia. Pour y pénétrer, il faut baisser la tête et emprunter une entrée curieusement petite inscrite dans la porte cochère en bois massif. Les pas raisonnent dans ce grand hall dénudé où les bruits, comme dans une église, sont d’une autre nature. L’aspect imposant de l’espace contraste avec son état délabré. Les marches de pierre sont jonchées de cartons et la lumière blafarde n’engage pas à monter.

A l’étage, les murs lépreux s’écaillent par pans entiers, répandant sur le sol leur écorce malade. Ces éclats de couleur portant l’empreinte du temps, surlignés de fissures délicatement tracées, créent des tableaux abstraits aux nuances subtiles.

Sur le sol étoilé, un carreau ébréché tangue et s’abîme dans un petit craquement. Le bois élimé des marches dévoile ses veines profondes.

Par les fenêtres décorées de vitraux, les vitres cassées laissent s’engouffrer l’humidité et la lumière venues de l’extérieur.

Géraldine Garçon est une artiste française basée à Barcelone qui fait des créations artistiques sur la vie quotidienne dans les villes où elle habite.

Ce texte est la troisième d'une suite de portraits de la ville barcelonaise crées par des européens. Est-tu amoureux de Barcelone? Participe dans la rédaction du blog de Barcelone de cafebabel.com

Vélos au pouvoir

bicicleta.jpg

















Plus de 130.000 abonnés, 300 nouveaux usagers chaque jour, environ 30.000 voyages par jour et plus de 18 millions de kilomètres parcourus tels sont les données spectaculaires de Bicing, le service public de vélos que la Mairie de Barcelone a mis en marche il y a tout juste une année, semblable à ceux qui existent à Lyon, Copenhague, Bruxelles et Paris. Actuellement, les Barcelonais ont la possibilité de profiter des quelques 130 kilomètres de voie cyclable urbaine grâce aux 300 stations et à plus de 4.000 vélos publics du service. Le tout pour 24 euros par année.

Peu à peu, le vélo rouge-et-blanc a pris sa place parmi les symboles traditionnels du transport public de Barcelone: les taxis (jaune comme ceux de New York), le métro et les bus.

Le succès spectaculaire de ce service utilisé par des gens de tous les âges a aussi généré des problèmes: manque de vélos ou d'espace à l'heure de prendre ou laisser les appareils, sursaturation périodique du service informatique des stations, soucis de convivialité entre les cyclistes et les piétons, etc.

Dans tous les cas, si on ajoute les usagers du Bicing aux plus de 50.000 cyclistes qui circulent chaque jour dans les rues de Barcelone, la ville s'approche peu à peu des usages du vélo que l'on retrouve dans les grandes références européennes à deux roues: les villes hollandaises. En tenant compte que Barcelone est la troisième ville européenne en pollution atmosphérique selon une étude de l'Organisation mondiale de la Santé de 2005, des expériences comme le Bicing ne sont pas seulement désirables mais aussi nécessaires.

Traduction : Núria Hernández

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03

2008

D’où je suis ?

bcnalbada.jpgOn m’a souvent demandé d’où j’étais, si je me sentais français ou espagnol. La réponse a presque toujours été la même : je ne suis ni l’un ni l’autre, je n’ai à priori rien contre (ni pour) les catalans, les espagnols, les français ou les chinois. Tout simplement parce que je ne les connais pas tous. C’est ce qu’on pourrait appeler une morale minimale.

En fait je ne suis pas d’un pays, d’une région ou même d’une ville, j’aime à dire que je suis d’une rue, d’une maison, d’un cinéma, d’un parc, de tous les endroits que j’ai connus et qui ont compté pour moi. Par exemple, j’ai plutôt été français, provençal plus exactement, (comme on dit avoir le vin triste ou gai), car c’est là que j’ai passé une grande majorité de mes vacances scolaires. Si, comme l’affirme si bien Saint-Exupéry « on est de son enfance comme on est d’un pays », je suis peut-être en grande partie barcelonais, même si j’ai vécu dans d’autres villes importantes à mes yeux.

Je suis la somme de beaucoup de choses à Barcelone. D’un lycée énorme et contraignant, idyllique et asphyxiant comme peuvent l’être les grandes familles mais marquant, sans doute (en bien ou en mal). Ce n’est pas un hasard si les anciens élèves l’appellent El Cole comme d’autres parlaient en leurs temps du Parti ou de la Patrie. Colossale structure tentaculaire qui a absorbé une énorme partie de nos vies et dont les échos résonnent encore pour beaucoup dans nos mémoires.

Puis on découvre vite que cette ville, quoi qu’on en dise (et même si cela peut embêter les plus susceptibles), n’est pas une référence en matière de fédéralisme ou de décentralisation. Il existe un espace diffus, changeant, souvent subjectif, qu’on appelle El Centro et qui devient vite l’endroit de toutes les réunions, rencontres, dîners et autres fêtes. Souvent le référent est flou et il n’existe sûrement personne qui pourrait affirmer avec certitude quelle est sa délimitation exacte. El Centro intègre alors la liste des grands concepts, comme le Temps ou l’Amour, qu’on ne peut définir mais dont on est sûr de savoir ce que c’est.

C’est ainsi qu’un endroit façonne une personne : avec ses « vamos a tomar un café » qui sont tout sauf une invitation à aller boire un café, ses printemps où tout le monde semble déjà être en vacances, ses Saint-Jean où il vaut mieux rester chez soi, ses bus qui ne passent jamais… Je suis donc la somme des gens que j’ai connus et des endroits qui m’ont marqué. Beaucoup de recoins de cette ville sont en moi et, souvent, sont à moi. Je ne pourrais jamais en sortir, même si je partais très loin, et c’est tant mieux. Il faut additionner, pas remplacer. Un ami à moi est parti faire le tour du monde. Avant de s’envoler vers la Chine, il est allé dire au revoir à son petit bout de plage touristique et crasseux. Peu importe comment et où est cet endroit, mon ami est en partie de là-bas. Mais aussi de beaucoup d’autres lieux qui lui restent à découvrir…

Ceci c'est le second des portraits eurobarcelonais que la rédaction de Barcelonne propose aux lécteurs. Son auteur: Aurélien Le Genissel, un journaliste francoespagnol.

Crédits de la photo: “Mor (bcnbits)”

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01

2008

Ciné ma France

La société CJ COM, spécialisée dans l’organisation de festivals de cinéma, organise, avec le concours de l’Institut Français de Barcelone, un cycle exceptionnel de projections de grands films français présentés par leurs réalisateurs pendant le premier trimestre de l’année 2008: le cicle ciné ma france

Ainsi, à partir du 16 janvier 2008 et jusqu’à la mi-mars, chaque mercredi, l’IFB recevra une personnalité du cinéma Français qui viendra présenter une de ses œuvres. Les projections seront suivies d’un débat avec le public. L’IFB accueillera tour à tour, Laurent Bouhnik, Eric Civanyan, Claude Zidi, Philippe Harel, Alain Bévérini, Claude Pinoteau, Jean-Marie Poiré, Robin Davis, Michel Alexandre et les comédiens Smaïn et Daniel Prévost notamment. Le célèbre réalisateur Georges Lautner est le parrain de cet événement exceptionnel et sera reçu lui aussi à Barcelone. D’autres personnalités participeront également à « Ciné ma France » et viendront présenter un film à l’IFB dans le courant du premier semestre 2008, parmi lesquelles : Alain Cornuau, Yves Boisset, Bernard Werber, Robin Davis, Jean-Pierre Mocky, Jérôme Cornueau, Jacques Bral ou Robin Renucci et d’autres encore…

Créé en 1920, L'Institut français est une Institution déjà consolidé dans l'offre culturelle barcelonaise en allant au-délà de l'apprentisage de la langue française. Ses concerts, ses scèances de cinèma, ses Expositions ont rapproché la culture française à millers de barcelonais.

La CONDITION HUMAINE à DÉBAT

imagelacondiciohuman_1.jpg
















Le cycle “La Condition humaine” organisé par le Centre de Culture Contemporaine de Barcelone et la Fundació Collserola a commencé avec une interesante conférence de la chercheuse du CNRS et philosophe italienne Michela Barzano sur les multiples faces de la violence contre les autres êtres humains. L’écrivaine de “La mort spectacle” a developpé sa théorie sur la “l’horreur spectacle” et la paradoxe de l’acceptation de la violence dans une société qui se considère plus civilisé que jamais. En donnant des exemples qui vont du video de la décapitation du journaliste Daniel Pearl aux videos d’Abu Graib ou encore les agréssions à étudiants dans le contexte éducatif a dennoncé une situation dans la quelle la deshumanisation de l’autre et la banalisation de la violence ne génèrent que l’indifference dans la société. En mots de Barzano, une situation qu’il faut absolument combatre avec la promotion de la compassion. En autres mots, partager la souffrance avec les personnes dont les droits sont méprisés

Cette présentation c’est la première d’une série de conférences qui au long des prochais 3 mois portera au CCCB à penseurs du nivéau d’Enrique Vila-Matas, Terry Eagleton, Judith Butlet ou l’écrivain tchèque Ivan Klima, etc.

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2008

Les memères

mem_re.bmp" Il est l’heure pour toute mémère qui se respecte de revêtir sa tenue de combat : enfiler ses sabots en plastique et son tablier à rayure, empoigner le balais et se lancer à l’assaut du trottoir. Les serpillières sont à l’oeuvre, les baquets se déversent dans le caniveau. En cinq minutes la rue est lavée à grande eau. Il est temps alors d’aller en courses, de déposer son tablier et de remettre un peu d’ordre dans ses cheveux pour ne rater sous aucun prétexte le rendez-vous matinal.

Postée au carrefour, la ménagère observe dans toutes les directions, à l’affût d’un événement. Elle guette la rencontre fortuite qui ne se fait jamais trop attendre. Une commère revenant du marché s’approche d’un pas vif, talonnée par une voisine affable. Toutes deux posent leurs paniers de courses à terre pour passer en revue les dernières nouvelles du quartier.

De grands gestes et toutes sortes de mimiques viennent étoffer ces propos. Elles s’apprêtent à partir toutes les cinq minutes, faisant mine de ramasser leurs sacs, marquant l’impulsion du départ mais elles sont toujours retenues par la manche et restent encore cinq, dix, quinze minutes de plus. La matinée est toujours trop courte.

Alors, de retour à le maison, les mémères sortent leur chaise dans la rue et s’installent dans le rayon de soleil pour discuter en toute quiétude des cancans de la veille."

Texte de Géraldine Garçon, artiste française basée à Barcelone qui fait des créations artistiques sur la vie quotidienne dans les villes où elle habite

Ce texte est la première d'une suite de portraits de la ville barcelonaise crées par des européens. Est-tu amoureux de Barcelone? Participe dans la rédaction du blog de Barcelone de cafebabel.com

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2007

Participez a Barcelona.cafebabel.com

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